Lille et ses merveilles

18h, déjà quelques personnes attendent l’ouverture de la grande porte. Ni une, ni deux, nous nous ajoutons à cette petite troupe d’impatients. Que se cache t’il derrière cette grande porte ? Une salle de concert, une soirée privée … non, non, non : un restaurant. Et pas n’importe lequel : Le Bloempot. Et là vous me dîtes « Blome quoi? ». Bloempot c’est la cantine bistronomique de Florent Ladeyn, finaliste de Top Chef et jeune chef de caractère, et Kévin Rolland, qui n’est pas skieur mais slalome habilement entre les tables. Haha. Leur notoriété fait que le petit coin est tout le temps complet. Seule solution, braver le froid et faire la queue pour avoir le droit de se lécher les babines sur unes des quelques tables gardées pour les clients de passage. Et ça c’est chouette ! Après plusieurs prières à Saint Maroilles, nous obtenons une table dans cette antre de la gourmandise. Ici pas de carte, mais un menu « les yeux fermés » avec ou sans accord mets-vins. Et là surprise, un accord mets et bières est proposé. La belle idée ! Nous choisissons la formule 5 services et un des chaque accords. La salle du restaurant est chaleureuse. Peaux de bêtes, bois brut, bougies et une équipe de joyeux lurons comme on aime.

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En mise en bouche, du « Boulet de Cassel » de Marie-Christine Dubois de la ferme des Templiers à Oxelaere, des peaux de porc soufflé avec un parfait de foie de volaille, et des fleurs de moutarde. Parfait pour se mettre dans le bain et commencer à débattre sur ce qu’il y aura au menu. Haha.

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On nous sert également un pain vraiment délicieux aux notes de réglisse et de sous bois, servi avec un beurre fermenté au houblon. Gros love pour tout le repas.

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L’entrée arrive. C’est un oeuf basse température à la cuisson parfaite avec une mousseline de racines, des peaux de poulet croustillantes, des câpres de fleurs d’ail des ours, de l’anguille fumée et une salade d’herbes et pickles de radis. Ca dépote sec, du crémeux, du gras, de l’acide, du fumé. On finit tout et on sauce jusqu’à la dernière goutte.

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Le premier plat est un boudin blanc des Flandres (j’ai oublié le nom du bled). Il est énorme et laqué au jus de pommes. La bête est accompgnée d’une compotée de pommes au bbq et de patates soufflées. Un plat qui sent bon le terroir et qui rappelle le boudin aux pommes du dimanche de Mamie.

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Le deuxième plat est un canard des Flandres grillé, servi avec du chou rouge braisé et en salade, un vinaigre de betterave, et une sauce savoureuse. Le canard est très gouteux, limite gibier et l’acidulé du vinaigre relève le tout. Mais je dois le dire j’aurais préféré du poisson ou des coquillages. Relou moi.

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Ensuite ce n’est pas un trou normand, mais un trou lillois qu’on nous pose à table. Des patates en robe des champs, une mousse de maroilles et de la poudre de lard grillé. Léger ! C’est délicieux et réconfortant à souhait. Le plat dont tu rêves quand tu rentres du ski tout mouillé.

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Vient le temps des desserts, et chez Bloempot les desserts vous en mettent plein le bec. On oublie le chocolat et la framboise, faîtes place au lait de chèvre et au panais. Pour ce premier dessert : glace yaourt au lait de chèvre, crémeux panais et meringues crousti-moelleuses. Un accord surprenant mais délicieux, pour quelqu’un comme moi qui adore le salé.

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Le deuxième dessert (malheureusement pas de photo, j’étais un peu pompette haha), faisait la part belle à l’oseille et l’oxalys. Sorbet, chiffon cake, et granité. Une belle note de fraîcheur et d’acidité pour finir ce repas gargantuesque.

Alors que dire, nous sommes sortis le ventre bien rond et le nez un peu rouge. Les produits cuisinés sont locaux, de grande qualité et superbement mis en avant par l’équipe (salle et cuisine). On sent que l’équipe du Bloempot est fière de son terroir et ça se sent ! Un menu 5 services avec accords mets et vins/bières pour un peu plus de 50 euros par personne. Et bien ça valait le coup de faire la queue sous la pluie ! GROS LOVE POUR BLOEMPOT ❤

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A la fin du service, je rejoins l’équipe et surtout Kévin Rolland pour une mini interview de fin de service.

Supayummy : Bloempot, c’est quoi pour vous ?
Kévin : Un restaurant avant tout. Mon projet avec mon ami et associé, Florent Ladeyn. C’est un lieu convivial. Et puis Bloempot, ça veut dire « pot de fleurs » en flamand, et avec Flo nous sommes des doux-dingues. Parfois ça sonne un peu creux dans nos têtes. La bière surement !

S : En parlant de bière, quelle est la meilleure bière à boire entre potes, et le meilleur vin ?
K : La Chimay Bleu sans hésiter. Et pour le vin, j’aime beaucoup Ruben de Sébastien Bobinet. Un Saumur-Champigny nature comme on les aime.

S : Le guilty pleasure avec ça ?
K : Des peaux de cochons soufflées !

S : Après le service, une fringale, vous allez où ?
K : Le Peekaboo, pour les nachos cheddar salsa et les hot-dogs.

S : Et le plat du « dimanche » ?
K : Des pâtes au pesto ! Mais attention des vraies, avec le pesto maison !

S : Et pour terminer le coup de coeur du moment musical et gustatif ?
K : Le canard des Flandres au chou rouge de ce soir, en écoutant BJM – That girl suicide.

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Pour rencontrer cette joyeuse équipe et ravir votre estomac :
BLOEMPOT (vieux Lille)
22, rue des bouchers
59800 Lille

Mon petit coin de paradis : IBAJI

Il y a des endroits comme ça, que l’on découvre et dont on ne peut plus se passer. Des endroits où on se sent bien et on aimerait rester plus longtemps. Durant mon périple parisien, j’ai eu un coup de coeur pour une petite cantine coréenne au style résolument barré. IBAJI est un des nouveaux nés du fameux projet « La jeune rue ». Mais si, vous savez ce projet dingue d’un entrepreneur français qui a voulu racheter un petit quartier tout entier, pour y créer une rue résolument food et épicurienne. A l’époque où le projet était encore peu connu, j’étais déjà une de leurs plus grandes fans. J’aimais ce concept de pouvoir trouver dans une petite rue, toute la richesse de notre terroir français par le biais de restaurants, épiceries et autres caves. Alors oui « La jeune rue » peut effrayer quand on sait combien elle a couté aux investisseurs, mais aujourd’hui le projet est en marche et j’espère de tout coeur que ce sera pour eux le début d’un long chemin gourmand ! Bref, revenons à notre mouton : ma chère cantine IBAJI. La façade, déjà, invite à la curiosité avec ces mosaïques de carreaux blancs et noirs. Très chouette. L’intèrieur, quant à lui a été réalisé et pensé par Paola Navone. C’est fou, c’est coloré, et les luminaires sont complètement barrés.

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On dirait des gros scoubidous emmêlés dans des objets très colorés. Le ton est donné ! Le restaurant compte une vingtaine de couverts dont la majorité sur la grande table d’hôte, quelques mange-debout complètent la salle. La carte est coréenne bien évidemment et nous retrouvons les plats emblématiques corréens tels que : le kimchee, le bulgogi ainsi que le bibimbap. Pour changer et découvrir un nouveau plat, je choisis le Samgyupsal Dub-Bap …

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Oui, comme ça c’est compliqué et je ne me risquerais pas à vous le prononcer. Haha ! Sachez que derrière ce nom barbare se cache un plat à base de riz aux céréales et de ventrêche de porc grillé. Tout de suite c’est plus facile, n’est-ce pas ?! Pour accompagner mon plat, je décide de tester le/la boricha, une boisson chaude (apparemment) très populaire en Corée à base d’orge grillée. Mon cher et tendre quant à lui se rabat sur une valeur sûre le bibimbap (plat à base riz, légumes, viande et oeuf) accompagné d’un Holypop soda.

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Nous nous sommes régalés, les saveurs étaient au rendez-vous et les quantités parfaites pour un déjeuner léger. Leur bibimbap était particulièrement réussi et mon plat à base de porc était également délicieux, quoiqu’un peu gras… Le midi, il existe une formule à 19 euros avec un plat au choix + kimchee/banchan + soupe. Le soir par contre tout est à la carte. Je vous conseille donc d’y aller déjeuner et d’y être à 12h tapantes, car les réservations ne sont pas acceptées et le resto se remplit très vite. Seul petit bémol à déclarer : un peu cher par rapport aux plats servis et à la quantité. Une formule à 15 euros avec une boisson comprise serait plus honnête. Ce n’est que le début, j’espère que par la suite ils reverront leurs prix. N’oublions pas que c’est une cantine ! Quoiqu’il en soit, ne serait-ce que pour le cadre et pour l’invitation au voyage, il faut y aller !

Adresse :

13, rue du Vertbois
75003 Paris

( Métro Temple/République)